Tribute to Jean-Pierre Gapihan

Jean-Pierre Gapihan ne disait pas « Je sais », mais « On essaie ». Tel était son esprit : ne pas intimider celui qui venait, photographe du dimanche, collectionneur, galeriste ou artiste coté, et le laisser expliquer à son rythme ce dont il avait envie… Et c’est pourquoi nous allions d’un bon pas à son atelier, près du métro Alexandre Dumas, à Paris, pour imaginer l’avenir avec lui, sûr que, d’un coup de baguette magique, il allait transformer l’œuvre en chef-d’œuvre. C’était un encadreur de génie.
Jean-Pierre Gapihan était un homme passionné et d’une grande patience.
Il avait le don de l’effacement. Une sorte d’absolu.
Il est mort le mardi 16 juin 2015.

© Photo Brigitte Ollier

Hervé Télémaque au Centre Pompidou

Hervé Télémaque

A Paris, rétrospective du peintre d’origine haïtienne aux influences multiples, qui navigue entre les Caraïbes, New York et la France.

Tout réjouit dans la rétrospective consacrée à Hervé Télémaque, né le 5 novembre 1937 à Port-au-Prince (Haïti) et naturalisé français en 1985. Il y a 35 peintures, 9 dessins, 11 collages, 12 objets et 7 assemblages réunis au quatrième étage du centre Pompidou, celui des collections, dans un espace harmonieusement composé. La plupart proviennent, c’est à remarquer en ces temps qui glorifient sans vergogne l’art privé, de collections publiques françaises. On y voit comment cet artiste fertile ne cesse d’irriguer sa propre histoire en la mettant en scène, entre théâtralité et effacement, non par embarras mais par un goût affirmé de l’ironie. Télémaque aime le plaisir visible et ne se prive pas de le faire savoir, pourquoi pas !

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Michel Vanden Eeckhoudt, un homme debout

Le photographe belge et cofondateur de l’agence VU, connu notamment pour ses clichés d’animaux, est mort samedi à 67 ans.

Michel Vanden Eeckhoudt est mort samedi, chez lui, à Bruxelles, sa ville natale, des suites d’un cancer. Il avait 67 ans. Ce photographe belge représentait l’excellence d’une profession alors affamée de réciprocité et en prise avec le réel, qu’il soit morose – ou non, là n’était pas la question, il s’agissait d’en rendre compte. Peu enclin aux bavardages, il était prêt à parler jusqu’à la fin du jour de la pertinence d’une prise de vue, et de l’éclat du noir et blanc dont il fut un ardent protecteur. Il était d’une grande loyauté envers son propre travail, tout autant qu’avec celui des autres, appartenant à cette génération généreuse, où la priorité n’était pas de profiter d’une situation, mais d’en proposer le meilleur, voire de le partager en toute discrétion. C’était un homme très fin, un temps compagnon d’aventures de Libération, pour lequel il partit en Martinique et en Sicile, et qui participa à la fondation de l’agence VU, à Paris, en 1986.

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Florence Henri, en perpective

Le Jeu de paume expose une rétrospective réunissant 130 superbes tirages vintage de l’artiste qui fréquenta le Bauhaus dans les années 20.

Aucune passivité, une volupté très maîtrisée, une envie de perspective. Voilà trois qualités, parmi d’autres, de Florence Henri (1893-1982), l’une des artistes les plus reconnues de son époque, que ce soit par ses pairs, les musées ou les critiques, y compris par l’un des professeurs perspicaces de l’école du Bauhaus, Josef Albers. Ce qui est bon signe, parfois.

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