David Armstrong, so long

david armstrong

Mardi 9 mars 2004, à Paris, à l’Alcazar. David Armstrong a une exposition tout près, à la galerie Kamel Mennour. Son titre : Flâneur in Heat. Il est très heureux de ce solo show, et d’être à Paris, la ville d’Eugène Atget, l’un de ses photographes préférés.

Sourire magnifique. Il a ce regard d’enfant confiant qu’il a toujours eu. Et, au plafond, ces jeux de lumière, du vert, du rouge, du hasard. Couleurs de tristesse aujourd’hui, où l’on apprend que David Armstrong est mort samedi 25 octobre à Los Angeles, dans la nuit. Il avait 60 ans. Avec Nan Goldin, il avait publié A Double Life, en 1994. Plus tard, il s’était pris de passion pour les paysages. Sans jamais oublier les beaux garçons. « Ce qui relie les paysages et les portraits, c’est la mélancolie et le désir inassouvi. »

© Photo Brigitte Ollier

René Burri, le meilleur de la photographie

rené burri

Membre de l’agence Magnum depuis 1959, le reporter suisse est mort lundi à 81 ans.

René Burri vient de mourir des suites d’une très longue maladie, il avait 81 ans. A lui seul, cet homme merveilleux représentait le meilleur de la photographie, sa puissance, son panache aussi, grâce à ce chapeau qui ne le quittait guère, et ses manières de grand seigneur qui avait connu les misères de ce monde, les avait parfois partagées, mais n’avait jamais voulu s’en repaître. Bien au contraire.

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William Eggleston, une idée de l’esquive

A Paris, la Fondation Henri-Cartier-Bresson expose le travail du pionnier américain de la couleur.

William Eggleston n’est pas un inconnu. «Le William Faulkner de la photographie», chantent les Américains, après l’avoir critiqué comme s’il était un gredin, lors de sa rétrospective au MoMA en 1976. Les Français, eux, se réjouissent de le voir régulièrement exposé, ainsi ses parades éclatantes à la Fondation Cartier (sans Bresson) pour l’art contemporain à Paris, en 2001, ou au Laac de Dunkerque en 2005.

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Yôko Ogawa et ses Petits Oiseaux

yoko ogawa«Les oiseaux ne font que répéter les mots que nous avons oubliés.» Cela paraît évident pour ceux qui connaissent le langage pawpaw, ainsi les deux héros de Petits oiseaux. Mais il faudrait nuancer, car si le frère aîné le parle couramment avec son cadet, la mère, évidemment, n’y comprend rien, et le père, encore moins, qui s’est réfugié dans la cabane au fond du jardin. Comme les frangins s’adorent, le petit veillant sur le grand, tout se passe plutôt bien jusqu’à la disparition des parents. Plus l’histoire avance, plus Yôko Ogawa tient son lecteur en haleine : rire (valises pour les voyages imaginaires), larmes (crise cardiaque du grand), palpitations (entrée en scène de la bibliothécaire du quartier), contrariété (modernisation de la pharmacie), émerveillement (nouveaux pensionnaires de la volière à oiseaux), peur (fillette agressée)… Fable d’initiation au monde moderne ou épopée fraternelle, qu’importe, Yôko Ogawa a écrit là son plus beau livre : tchi tchi, fredonne le zostérops – qui applaudit.

Yôko Ogawa Petits Oiseaux Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle. Actes Sud, 272 pp., 21,80 €.