Gerard Petrus Fieret, un nouveau souffle

gerard petrus fieret

On oublie parfois que la photographie peut être une raison de vivre, et non une raison sociale. Elle gagne non seulement le cœur et les yeux, mais tout, de la tête aux doigts de pieds, elle emplit le corps. Une vraie folie. Il y avait beaucoup de dinguerie chez Gerard Petrus Fieret, né le 19 janvier 1934 à La Haye (Pays-Bas) où il mourut le 22 janvier 2009. Entre 1965 et le milieu des années 70, ce Hollandais tout droit sorti d’un polar de Chandler ne respecta aucun code et fonça à toute vitesse, imposant au médium ses propres visions, entre nonchalance et compulsion.
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Sabine Weiss, à l’intuition

sabine weiss

« Ce qui est fugitif me plaît », aime à dire Sabine Weiss, 91 ans, qui expose à Paris et à Tours une large partie de son œuvre, dont de nombreux instantanés méconnus. Elle a cette qualité de saisir la vie sans chichis, et de s’attarder là où d’autres ne s’arrêteraient pas, isolant parfois ça et là des scènes d’une rare mélancolie, assez proche, au fond, de la temporalité des mots chère à Nathalie Sarraute. Pour autant, Sabine Weiss, formée à la technique de la photographie auprès des Boissonnas, l’atelier mythique de Genève, n’a jamais cherché à orienter son travail dans telle ou telle direction. Elle avance à l’intuition, et avec un grand enthousiasme, en quête de cet inattendu qui l’a amené à tenter sa chance dans de multiples domaines, ainsi la mode.
Au fil des expositions qui lui rendent hommage, se découvre la personnalité d’une femme discrète qui ne suivit aucun modèle, et dont la rue fut un laboratoire permanent. « La photographie m’apaise », dit-elle aujourd’hui, entourée d’un univers riche d’une humanité qu’elle a protégée de toute banalité.

© Photo Sabine Weiss / Courtesy Les Douches la Galerie

Les Douches la Galerie, 5 rue Legouvé 75010 Paris (01 78 94 03 00), jusqu’au 30 juillet. Également au château de Tours (02 47 21 61 95), jusqu’au 30 octobre.