René Burri, le meilleur de la photographie

rené burri

Membre de l’agence Magnum depuis 1959, le reporter suisse est mort lundi à 81 ans.

René Burri vient de mourir des suites d’une très longue maladie, il avait 81 ans. A lui seul, cet homme merveilleux représentait le meilleur de la photographie, sa puissance, son panache aussi, grâce à ce chapeau qui ne le quittait guère, et ses manières de grand seigneur qui avait connu les misères de ce monde, les avait parfois partagées, mais n’avait jamais voulu s’en repaître. Bien au contraire.

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William Eggleston, une idée de l’esquive

A Paris, la Fondation Henri-Cartier-Bresson expose le travail du pionnier américain de la couleur.

William Eggleston n’est pas un inconnu. «Le William Faulkner de la photographie», chantent les Américains, après l’avoir critiqué comme s’il était un gredin, lors de sa rétrospective au MoMA en 1976. Les Français, eux, se réjouissent de le voir régulièrement exposé, ainsi ses parades éclatantes à la Fondation Cartier (sans Bresson) pour l’art contemporain à Paris, en 2001, ou au Laac de Dunkerque en 2005.

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Yôko Ogawa et ses Petits Oiseaux

yoko ogawa«Les oiseaux ne font que répéter les mots que nous avons oubliés.» Cela paraît évident pour ceux qui connaissent le langage pawpaw, ainsi les deux héros de Petits oiseaux. Mais il faudrait nuancer, car si le frère aîné le parle couramment avec son cadet, la mère, évidemment, n’y comprend rien, et le père, encore moins, qui s’est réfugié dans la cabane au fond du jardin. Comme les frangins s’adorent, le petit veillant sur le grand, tout se passe plutôt bien jusqu’à la disparition des parents. Plus l’histoire avance, plus Yôko Ogawa tient son lecteur en haleine : rire (valises pour les voyages imaginaires), larmes (crise cardiaque du grand), palpitations (entrée en scène de la bibliothécaire du quartier), contrariété (modernisation de la pharmacie), émerveillement (nouveaux pensionnaires de la volière à oiseaux), peur (fillette agressée)… Fable d’initiation au monde moderne ou épopée fraternelle, qu’importe, Yôko Ogawa a écrit là son plus beau livre : tchi tchi, fredonne le zostérops – qui applaudit.

Yôko Ogawa Petits Oiseaux Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle. Actes Sud, 272 pp., 21,80 €.

Horst P. Horst, la chair est chic

horst p. horst

Une rétrospective de 250 tirages retrace le travail du photographe de mode allemand, amoureux d’un académisme suranné, «avec un peu de désordre».

Quinze jours après son ouverture, plus de 10 000 visiteurs avaient déjà vu la rétrospective Horst, à Londres, préparée par Susanna Brown. C’est un bon baromètre de l’excitation que procure ce photographe de mode au parcours original, peut-être moins audacieux que son contemporain, le Britannique Cecil Beaton (1904-1980), petit roi effronté qu’il croisa en 1930 dans sa maison de campagne, à Ashcombe. Il y a finalement peu de fantaisie dans l’univers de Horst P. Horst (1906-1999), à part quelques expérimentations surréalistes avec Salvador Dalí, mais c’est justement sa rigueur, voire son apparente retenue, qui font sa force. Et son charme. Il est un homme qui savoure la suggestion tel le nez d’un parfum ; il met à l’aise ses modèles et ne joue pas les gros bras. L’un de ses portraits initiatiques, la délicieuse Louise de Vilmorin grattant la guitare (1938), paraît être une esquisse, comme si la jeune femme flottait sur un nuage d’opium après un séisme sentimental. Mais si l’on regarde plus attentivement, et le choix est dans cette vaste exposition – plus de 250 tirages -, tout est extrêmement ajusté chez Horst, même s’il se plaisait parfois à glisser «un peu de désordre».

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