Arles parade un peu trop

youngsoo han

Exemplaire et romanesque, l’exposition sur la collection d’Artur Walther sauve, avec quelques autres, cette 45e édition prétentieuse des Rencontres.

Plus d’exigence n’aurait pas nui à Parade, la 45e édition des Rencontres d’Arles. François Hébel, son directeur, peut-être par lassitude, n’a pas su conclure en beauté malgré un budget conséquent de 6,6 millions d’euros. A l’église des Frères-Prêcheurs, Raymond Depardon apparaissait au bout du rouleau avec ses monuments aux morts qui ressemblaient à des ronds points, tandis que David Bailey, délirant, remplissait l’église Sainte-Anne tel un vide-greniers. Sans compter le Bureau DesLices, transformé en sous-marin nucléaire, où il était impossible de distinguer quoi que ce soit. Aussi, les Chroniques de Solaris, une exposition annonçant le futur spatial du festival estampillée Fondation Luma, mettait en scène l’architecture-spectacle de Frank Gehry avec un ridicule qui aurait fait rire les copains de Jules César.

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La «Parade» défile dans la cité arlésienne

rencontres d'arles

Grands noms et anonymes s’exposent pour la 45e édition des Rencontres photographiques.

Apparu en 1970, le plus antique des festivals de photographie ouvre aujourd’hui ses portes dans la cité arlésienne. Ou plutôt son rideau de scène, si l’on veut s’accorder au titre allegro de cette 45e édition, Parade. A quelques heures de l’inauguration, François Hébel, le directeur artistique, se sent «d’excellente humeur». Comme il l’a rappelé lors de la conférence de presse (Libération du 15 avril), ce sera sa quinzième et dernière édition. «Quand le public arrive, les dés sont jetés, souligne-t-il au téléphone. Cela procure une sorte de griserie, mais je suis incapable de savoir ce que les spectateurs vont préférer, et d’ailleurs, là n’est pas la question. Le festival est imaginé comme un parcours où chacun prend son temps ; c’est une expérience personnelle, non une opération de name dropping.»

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Anna-Eva Bergman au naturel

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La galerie Jérôme Poggi, à Paris, se consacre à l’artiste norvégienne.

Dans son deuxième espace parisien inauguré ce printemps, juste en face du Centre Pompidou, Jérôme Poggi présente Anna-Eva Bergman (Stockholm 1909-Grasse 1987) avec la collaboration de Christine Lamothe. C’est un solo show, et les quinze œuvres exposées, toutes réalisées dans les années 70, procurent un plaisir extrêmement vif, à la fois dépaysant et familier.

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Lewis Baltz, des hommes et des lieux

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Le photographe américain, discret et exigeant, évoque pour «Libération» les figures masculines importantes qui ont marqué son parcours artistique, lui permettant de construire une œuvre sobre, proche du minimalisme.

Lewis Baltz, né en 1945 à Newport Beach (Californie), est l’une des figures majeures d’une photographie qui n’accorde aucune place au hasard. Pas de style ni d’esthétisme, il s’agit d’atteindre une photographie «degré zéro», laquelle se construit simplement par séries, plutôt en noir et blanc. Sans être dépouillée, cette photographie, assez proche du minimalisme, prouve à la fois la force d’un médium capable d’enregistrer le hors-champ et la singularité d’un artiste très exigeant et détaché, comme si sa voie, presque naturellement tracée, l’avait délivré de tout excès.

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Ragnar Axelsson, une envie de glaces

Un livre sur l’Islandais et son exquise banquise.

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Enfant, Ragnar Axelsson passait des heures à observer les oiseaux, puis à les photographier avec le Leica de son père, «développant les clichés dans la baignoire». Dans l’introduction du Photo Poche qui lui est consacré, l’historien britannique Huw Lewis-Jones raconte ainsi les débuts de cet Islandais, né le 6 mars 1958 à Kópavogur, un faubourg de Reykjavík.

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