Alberto Garcia-Alix, à fleur de peau

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Dans son labyrinthe intime où traînent drogues, flammes et fantômes, il y a toujours une issue. Symbolisée par la photographie, fille de joie qui lui a tendu les bras même lorsqu’il n’attendait plus rien. S’il se présente tel «l’archétype du voyou éternel», Alberto García-Alix incarne l’Espagne d’une liberté solidaire, celle avec ceux d’en bas, et, plus que tout, celle qui célèbre «l’art de la vie». «Je suis un survivant», aime-t-il à répéter de sa voix rauque, cassée par les cigarettes, alors que s’ouvre son exposition en solo au Circulo de Bellas Artes, à Madrid.

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Laurent Millet, la langue des signes

laurent milletIl y a beaucoup d’eau dans l’œuvre de Laurent Millet, des bouts de bois, des pierres, des nuages, des étourneaux, des fruits, des fleurs, un sanglier et aussi un lièvre au regard intense croisé une nuit de Noël. Comme si cet artiste, né le 22 février 1968 à Roanne, avait besoin de fabriquer son environnement naturel avant de le relier à une dimension fictionnelle : «Je crée des preuves d’une vie rêvée, dit-il, parfois ce sont des paysages, parfois des choses que j’accroche sur des murs blancs, comme les Zozios.» Tout ce qu’il a imaginé, entre 1997 et 2013, est exposé aujourd’hui au musée des beaux-arts d’Angers (Maine-et-Loire), et il en est à la fois «troublé et satisfait» : «J’ai travaillé pour que cet ensemble disparate devienne crédible, dans sa dissonance, dans sa masse… Les séries sont assez différentes dans leurs formes, et ça correspond à mon plaisir de glaner des souvenirs qui s’enrichissent les uns les autres.»

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Kati Horna, tant de pays conquis

Première rétrospective de l’artiste mexico-hongroise, décédée en 2000.

Le Museo Amparo de Puebla au Mexique et le Jeu de paume à Paris honorent Kati Horna, née en 1912, en Hongrie, au sein d’une famille de banquiers d’origine juive, et morte à Mexico, le 19 octobre 2000. Le livre et l’expo mettent en lumière le destin singulier d’une résistante qui ne baisse ni les bras ni les yeux et cherche sans cesse à aller de l’avant. L’Europe des années 30 est un cauchemar, elle doit fuir Berlin, puis Paris où elle réalise ses premiers photoreportages, le Marché aux Puces et les cafés.

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Louis Dalmas, mort d’un aristo de la photo

Le fondateur de l’agence portant son nom, célèbre pour ses clichés de stars dans les années 60, est décédé dimanche 3 août.

Avec son nom à ressort qui lui allait comme un gant, il aimait à relever les défis et avait un goût affiché pour le non-conformisme. Melchior Louis Marie Dalmas, marquis de Polignac, que ses familiers appelaient Dalmas, est mort dimanche 3 août, à 94 ans. Devenu journaliste en 1945, ce sportif accompli s’essaie à tous les genres et presque tous les styles, de l’AFP à France-Soir, sans oublier, plus tard, ses incursions dans les revues d’art et de pétanque. En 1958, il lance l’agence Dalmas, laquelle, pendant dix ans, va imposer ses photographes prêts à tout pour un scoop. Ce qui lui vaudra des inimitiés, dont celle du milliardaire Onassis, peu enclin à partager Maria Callas. Raymond Depardon travaillera un temps pour lui, et tant d’autres, prêts à suivre sur la French Riviera les personnalités en vogue. L’agence comptera jusqu’à 75 employés, selon les informations réunies par Catherine Mouradian, et bénéficie même du service photo de l’aéroport de Paris-Orly. Racheté par l’agence Sipa en 1974, le fonds Dalmas compte 5 millions de documents. Autant d’histoires. Et les souvenirs inoubliables d’un homme multiple.