Rineke Dijkstra, le geste au plus juste

rineke dijkstra

La photographe néerlandaise expose à Paris deux vidéos sur des adolescentes en quête de perfection.

En deux vidéos réalisées l’an passé en Russie, The Gymschool, St Petersburg et Marianna (The Fairy Doll), Rineke Dijkstra, 55 ans, poursuit sa réflexion sur le temps de l’adolescence. Il ne s’agit pas, pour cet artiste néerlandaise, de documenter le réel, mais de l’interroger, comme si elle démontait le mécanisme d’une horloge à seule fin d’en brouiller la régularité.

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Pieter Hugo, facettes intimes

pieter hugo

Le Sud-Africain autodidacte présente à la Fondation Henri Cartier-Bresson sa nouvelle série «Kin», une quarantaine d’œuvres entre portraits et natures mortes.

Après la Fundacio Foto Colectania, à Barcelone, Paris et la Fondation Henri Cartier-Bresson accueillent Pieter Hugo en solo. C’est une chance. En quarante épreuves aux couleurs sourdes, ce photographe autodidacte, né le 29 octobre 1976 à Johannesburg (Afrique du Sud), met en jeu sa propre image. Avec sa nouvelle série, intitulée Kin (l’intime), il a décidé de s’exposer tout cru. Un geste volontaire et audacieux qui ressemble à une mise à nu manifeste, humblement acceptée, et revendiquée sans effet dramatique. Ce Hugo-là n’est pas un homme de théâtre. Il l’annonce clairement, avant même le début officiel de la conférence de presse, plutôt que de choisir le flou, parfois associé à la sphère privée ou gage d’une proximité feutrée, il a tranché pour «une photographie hyperréaliste, précise, très concrète».

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Mikhailov Paris

La galerie parisienne Suzanne Tarasieve expose la série «Arles, Paris… And.» de l’irrévérencieux artiste de Kharkiv.

boris mikhailovBoris Mikhailov, 76 ans, vit entre Berlin et Kharkiv (Ukraine), sa ville natale. Sa dernière série inédite, réalisée entre Paris et Arles, de 1989 à aujourd’hui, prouve son amour fou pour la France, ses paysages urbains et la Camargue, donc, en bonus argentique. Vita, sa muse, accueille le spectateur impressionné par cette figure de proue posant sur une locomotive à l’arrêt. Le portrait est formidable, on y reconnaît les anciens ateliers SNCF, friche pratique des Rencontres d’Arles en version François Hébel (son ex-directeur) ; ce pourrait être l’affiche des Rencontres 2015, quelle classe.

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250 plumes devant l’objectif

goffredo fofiMajesté Voici réunis en un pavé 250 écrivains de tous horizons, disparus ou encore très présents, chacun entrant en scène par ordre alphabétique avec un texte doublé d’un portrait. C’est donc à une lecture multiple que nous convie Goffredo Fofi, qui a coordonné cette épopée bienveillante, où résonnent les visages et les corps des auteurs (classiques, baroques, etc.) que nous chérissons. Là est l’atout de cet album de famille, à parcourir au matin pour avancer dans la journée en bonne compagnie. Ouvert au hasard, à n’importe quelle page (Hemingway par Capa un bon jour de chasse ; Ginsberg nu par Avedon) ou sciemment, (H.G. Wells d’une majesté saisissante par Alvin Langdon Coburn ; Iris Murdoch rêveuse par Lord Snowdon ; Witold Gombrowicz avec son chien par Sophie Bassouls)… Et tous les vivants que l’on peut suivre des yeux : Enrique Vila-Matas, Joyce Carol Oates, Zadie Smith…

Grands écrivains «Les auteurs célèbres vus par de grands photographes», coordonné par Goffredo Fofi, Editions du Chêne, 512 pp., 35 €.