Parution de «Virgin», premier ouvrage de Carol Reid-Gaillard, consacré à la «star du Vatican».
Sœur Cecilia, la première, l’avait annoncé : peut-être la Vierge Marie allait-elle, « choisir certaines d’entre nous pour l’accompagner dans sa vocation religieuse » ? En trente-deux photographies et des textes ciselés, Carol Reid-Gaillard raconte son enfance et son adolescence irlandaise dans l’ombre de la Vierge Marie, au piquet du péché. Pas de plainte, aucun cri, mais comme une sorte de voile noir qui vient recouvrir des souvenirs blessés par cette figure parfaite, « impossible à égaler ». « Cette star du Vatican » comme la nomme Bernard Plossu dans une postface dynamique.
Construit dans un face-à-face permanent entre mots et images, les deux en écho, Virgin a la grâce de la sincérité. Rien ne s’y joue, puisque tout est déjà joué, la jeune Carol ne fut pas élue, tant mieux. Mais, tirant profit de son expérience, elle rappelle combien, au-delà du pittoresque de la croyance (si l’on en croit rien), la Vierge Marie, « image éternelle et irréelle de la féminité », représentait pour les garçons de son âge un modèle, voire la norme.
Prises aux quatre coins du monde, en Slovénie comme en Pologne, et, bien sûr, en Irlande, les photographies toucheront les cœurs sensibles comme les mécréants.
Virgin, textes et photographies de Carol Reid-Gaillard, Le Bec en l’air (diffusion/distribution : Harmonia Mundi), 80 pp., 26 euros. Traduction : Elisabeth Peellaert. Postface : Bernard Plossu.