Adrien Vermont, à traits surnaturels

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Défiant l’académisme, Adrien Vermont revisite le bestiaire avec jubilation.

Adrien Vermont, 32 ans, aborde la figure animale avec des airs de conquistador. S’appuyant sur quelques planches de l’Historia Animalium, de Conrad Gessner, naturaliste suisse, il dynamite allègrement les études de l’un des pères de la zoologie et invente son propre bestiaire, entre observation et subversion. «Je travaille de manière passionnelle, explique le jeune artiste, né à Ivry-sur-Seine, et j’adore le papier, ce n’est pas juste un support, c’est quelque chose de sensible. Moi, je ne vois que des traits, alors je les dessine avec des crayons de couleur, des feutres et des pastels.»

Pour sa première exposition à la galerie Polaris, il propose une vingtaine de ses dessins, dont un wall drawing, totalement délire, titré Elépoulpard. Sans que l’on sache très bien pourquoi, ses animaux ont un air de famille et tous sont réjouissants, de la chouette bienveillante à la girafe aux genoux mous.

Ils paraissent être à l’aise dans cet univers fabuleux, chacun incarnant bon gré mal gré un mélange d’indiscipline et de sérieux, à l’image de leur maître. Lequel a aussi de la persévérance : refusé cinq fois au Salon de Montrouge, Adrien Vermont a poursuivi sa dynamique sur papier, sans trop se décourager.

Sur son site, on peut également voir sa série de chats chatoyants croqués à coups de griffes. Une chorégraphie grisante.

© Adrien Vermont, courtesy galerie Polaris

Une histoire surnaturelle d’Adrien Vermont, galerie Polaris, 15, rue des Arquebusiers, 75003 Paris, jusqu’au 19 avril. Rens. : 01 42 72 21 27,