Caballero, tout un roman

Né à Mexico en 1940, Antonio Caballero est le héros des jours heureux. Tombé par hasard dans le roman-photo en 1963, il en réalise à peu près 500 jusqu’en 1978, assumant la production comme la photographie, l’adaptation comme la mise en scène. Une nouvelle fois présentées à Paris, ses photos font tilt, elles battent la chamade des amours défuntes, bang bang. Tout est là du drame de la passion expertisée : silences et tromperies, rêves et promesses, pièges et serments.
Dans des décors d’époque où l’escalier tient parfois le rôle principal, se nouent des drames instantanés à faire pleurer Margot. Il y a des maris jaloux, des accidents de voiture pas trop graves, des revolvers cachés dans des trousses de toilette, des disputes, des larmes, des faux départs et beaucoup de baisers. Atout de Caballero : son style sobre, qui donne beaucoup d’allure aux personnages, et évite la mascarade. Certains portraits isolés sont sublimes, ainsi cette jeune femme errant dans la nuit, folle de douleur, pieds nus.

Antonio Caballero / « Fotonovelas » / Exposition à la galerie Polaris / Paris