Françoise Nuñez, le lent souffle de la vie

Point commun des livres de Françoise Nuñez, le silence. Pas un silence idiot qui signifierait un quelconque vide, ou une gêne, non, quelque chose qui ressemble à un recueillement. Ici, avec Kalari, c’est encore plus palpable, tant il est question, en trente-quatre photographies, d’énoncer plutôt que de montrer le lent souffle de la vie.
« Le kalarippayat est une discipline complète conçue pour harmoniser le corps et l’esprit : art martial, yoga et médecine », écrit Cécile Gordon dans un texte d’une simplicité parfaite. Lequel comble de joie le néophyte, découvrant soudain qu’à Kerala, à l’autre bout de l’Inde, presque qu’à l’opposé de New Dehli, des hommes et des femmes, inconnus de lui, cherchent  aussi « l’esprit libre ».
Restant dans l’espace du kalari, « dédié au mouvement et construit selon des codes précis », Françoise Nuñez tourne autour des corps. Attrape la lumière qui surgit tel un soleil nacré et se réfléchit sur les peaux. Elle a l’air d’être très proche d’eux, et en même temps très loin, comme s’il était inutile de signer sa présence. Ses photographies sont d’une beauté stupéfiante. Elles réchauffent le cœur et lavent les yeux de tous les effrois.

  Kalari, de Françoise Nuñez, Arnaud Bizalion Éditeur, 64 pp., 29 €. Textes de Cécile Gordon et Éric Auzoux.