Daido Moriyama, double face

daido moriyama

« Marcher, c’est finalement ma vie. » Tout Moriyama pourrait se résumer à cette maxime, prononcée lors de sa conférence de presse à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris. Daido Moriyama, à l’aise, savoure cette rencontre, ne cessant de prolonger ses réponses aux nombreuses questions. Il retrouve pour la deuxième fois l’espace panoramique de la Fondation Cartier, où il a présenté, en 2003, deux cents photographies en noir et blanc, toutes empreintes d’une sorte de frénésie, très caractéristique de ce photographe japonais, né en 1938 à Ikeda, Osaka.
S’assemblent aujourd’hui, dans cette exposition double face, le noir et blanc, plus la couleur. Il y a du plaisir à l’imaginer au cœur de cette alternative, certes banale, mais à laquelle il sait donner corps, tant il maîtrise son outil. Il a une puissance de frappe à la Man Ray, ou façon Kei Nishikori, si l’on préfère les sportifs. Il a ce don d’ouvrir un nouveau monde dans chacune de ses photographies, les psychanalystes devraient l’accrocher au-dessus des divans, les patients auraient de quoi s’épanouir/s’évanouir en direct, talons hauts, serpents, néons, etc.
Moriyama est un alchimiste, un pur. Qui nous apprend à être de parfaits voyeurs. Un exercice assez rare, peu de photographes subventionnent le réel. Pour prolonger l’analyse, catalogue utile (35 €).

© Daido Moriyama Photo Foundation

Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, boulevard Raspail, 75014 Paris (01 42 18 56 50), jusqu’au 5 juin.