Dans le plus simple appareil

La galerie Item présente une sélection de nus lynchiens.

«David Lynch n’a rien à prouver, dit Patrice Forest, de la galerie Item, aussi commissaire de l’exposition à la MEP. C’est un artiste complet, façon Renaissance, ouvert sur le monde.» Ils ont imaginé ensemble cette expo, 17 nus ravis en une après-midi de 2012, avec un appareil numérique dans un lieu très lumineux, l’atelier Idem, où Lynch – comme bien d’autres avant lui – imprime ses lithographies. L’atelier est juste à côté de la galerie et quand il est à Paris, Lynch s’y essaie in situ à cet art divinatoire qu’est la lithographie.

D’une grande sobriété, presque trop, ces nus révèlent aussi combien Lynch aime à s’approprier les corps féminins et à les superposer aux machines. Ils sont moins obscurs et tranchants que ces Distorted Nudes (2004-2005) présentés par Hervé Chandès, le directeur de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, lors de la rétrospective Lynch en 2007. «Ce qui me frappe, c’est comment il fait apparaître le mystère, note Chandès. Que ce soit ses nus ou ses photographies d’usines, il parle toujours de la création et du vivant. C’est un homme éternellement émerveillé et qui voyage dans l’art. Du son à ses dessins, tout l’intéresse, il est hors limites.»

Le photographe Richard Dumas, qui lui trouve une proximité avec Jacques Tati, la même aura de liberté, confirme : «Lynch n’essaie pas de passer pour un photographe, il ne se met pas en concurrence. Dans tout ce qu’il fait, il a cette position-là, être lui-même, et c’est ce qui fait son génie. Il n’a aucun fantasme de pureté, ni peur du grotesque ; pour moi, il est extrême-oriental.»

Women and Machines par David Lynch Galerie Item, 51 rue du Montparnasse, 75014. Jusqu’au 29 mars. Rens. : 01 43 35 35 35.