Disparition de Louis Stettner (1922-2016)

Le Centre Pompidou, où il fut exposé il y a peu, annonce la disparition de Louis Stettner, à l’âge de 93 ans (il était né le 7 novembre 1922, à New York). C’était un Américain friand de France – où il s’était finalement installé -, d’une grande discrétion, et qui appartenait à cette génération de photographes épris d’humanisme. Il avait une silhouette hustonnienne, une barbe grise, et un drôle de chapeau. « Une création familiale », avait-il dit alors qu’il présentait quarante-quatre tirages au Comptoir de la photographie, un lieu chaleureux dans le quartier de la Bastille, à la fin des années quatre-vingt.
Beaucoup de ses photographies nous sont familières. Celle d’un jeune homme à Brooklyn, face à Manhattan, étendu bras en croix sur un banc (« beaucoup y voient l’agonie d’un individu en face de la civilisation industrielle »), ou cette femme portant des pêches, à Mexico, qui paraissent dessiner un étrange visage composé de fruits.
Il avait un goût du cadrage, très précis, dans la lignée de ses maîtres, Stieglitz, Strand et Weegee. Et, à côté de la photographie, il peignait / il sculptait… Pour apprécier une œuvre, disait-il, il faut « le recul du temps ».