Guillaume Pinard, l’art glouton

guillaume pinard

En solo et en couleur, 25 toiles duelles et 3 vidéos.

«Sa grande frousse, c’est d’être dans une sorte de confort. Quand il avance, il fait toujours un pas dans le vide», dit Anne Barrault à propos de Guillaume Pinard, dont elle présente la troisième exposition en solo dans son nouvel espace très lumineux. Titrée «Royal Iris», cette suite de vingt-cinq diptyques signe, après «Tomate», l’approche inédite de cet artiste impatient et prolifique, né en 1971 à Nantes.

En 2013, il a délaissé les fusains et repris sa boîte à couleurs, comme un débutant, mais toujours avec une certaine ironie, alliance de mémoire picturale, de bandes dessinées, et de gloutonnerie Internet. Ce qui, en version acrylique, donne des animaux fabuleux, des grosses filles nues, des monstres exhibitionnistes et des trucs informes qui ressemblent plus ou moins à un alphabet secret, comme ces lettres qui gonflaient mystérieusement dans la soupe quand on était petit. En prime de ces toiles duelles, qui s’aimantent tel un puzzle empirique, Guillaume Pinard propose trois vidéos extrêmement brèves. Un tour de passe-passe où il est question d’un geste infiniment répété, sans que l’on sache s’il y a matière à ordonner un repos bienfaiteur ou, au contraire, à poursuivre en solo cette folie ordinaire, aussi bienfaisante qu’un chapitre d’Oliver Sacks.

Royal Iris de Guillaume Pinard Galerie Anne Barrault, 51, rue des Archives, 75003. Jusqu’au 5 avril. Rens. : 09 51 70 02 43.