Joachim Schmid, recycleur éclairé

joachim schmid

La nouvelle collecte de l’artiste allemand est exposée à Paris.

«Il n’a jamais fait une seule photographie de sa vie, il récolte les photos abandonnées ; sa démarche est, dans un certain sens, purement écologique», dit Alain Gutharc, qui expose Joachim Schmid pour la sixième fois. Un gage de fidélité envers cet artiste allemand (né en 1955, à Balingen), qu’il a découvert en 1995 au Printemps de Cahors et montré avec succès aux Rencontres d’Arles en 2008.

Schmid appartient à la famille des recycleurs sagaces, il ne cherche pas la parade et son travail frappe toujours par sa simplicité. Il s’agit chaque fois de mettre en jeu non pas l’image elle-même, ou son souvenir, mais plutôt d’en recréer la vie, sans artifice. Comme un père adoptif, il prend soin des images qu’il a trouvées ici et là, souvent dans la rue. Avec une constante : ne jamais intervenir sur les négatifs ou les tirages.

Nouvelle preuve avec sa série «Estrelas amadas-Beloved Stars» (2013), qui résume parfaitement ses intentions. Soit un magazine de cinéma déniché aux puces de Lisbonne et dont il découpe quelques pages avant de les dupliquer. Est-ce lui qui a souligné de rouge les bouches des comédiennes ? Pas du tout ! De Bette Davis à Joan Fontaine, toutes étaient déjà maquillées, à même le papier, par un(e) cinéphile-vampire. C’est ce geste-là, ennobli par le présent, qui donne son prix à cette œuvre aussi délicate que l’ombre d’un oiseau.

© Photo Joachim Schmid. Courtesy galerie Alain Gutharc.

More printed matter galerie Alain Gutharc, 7, rue Saint-Claude, 75003. Jusqu’au 21 juin. Rens. : 01 47 00 32 10.