Mikhailov, l’Ukraine sans artifices

 

boris mikhailov

La rue est le royaume de Boris Mikhailov. Ainsi celles de Kharkov, sa ville natale, qu’il parcourt sans états d’âme, documentant à vif la réalité complexe de l’Ukraine post-URSS. Ames sensibles s’abstenir, Mikhailov tape fort avec «Tea, Coffee, Cappuccino».

Proposée dans son intégralité, cette série de diptyques (photo, détail) a été réalisée de 2000 à 2010, et partiellement présentée à la Biennale de Venise. Beuveries à même le bitume. Corps abîmés. Regards embrouillés. Avec Mikhailov, il ne s’agit pas de rire des autres, mais de montrer la décadence d’une société business «où tout peut être acheté et vendu, même les enfants». Jonglant avec l’absurde façon Charlot, l’artiste, à 73 ans, reste le témoin irremplaçable d’une société crève-cœur.

© Photo Boris Mikhailov, Courtesy galerie Suzanne Tarasieve, Paris.

Tea, Coffee, Cappuccino, galerie Suzanne Tarasieve, 7, rue Pastourelle, 75003. Jusqu’au 10 mars. Et aussi «Salt Lake (1986)», à la Criée, Rennes (35). Rens. : 02 23 62 25 10.