Ojeikere, l’œil de Lagos

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J. D. ’Okhai Ojeikere, l’un des grands photographes africains, est mort, dimanche à Lagos (Nigeria). Il avait 83 ans et n’avait cessé, depuis ses premiers essais avec un Brownie D sans flash, de préserver la culture nigériane, avec l’œil soucieux du sociologue. Il avait travaillé comme «assistant en chambre noire» au ministère de l’Information, puis pour la publicité, dès 1963, avant d’ouvrir son propre studio, en 1975.

Ojeikere représentait, pour la jeune génération, la figure tutélaire de l’artiste dévoué à ses recherches esthétiques, témoin Hairstyles, sa série la plus exposée en Europe. Réalisé au Nigeria entre 1968 et 1999, cet ensemble consacré aux spectaculaires coiffures féminines, riche de mille clichés en noir et blanc, montre comment Ojeikere avait transformé ses portraits en sculptures abstraites, et l’éphémère en éternité. «On ne peut approcher l’art que par désir. L’art est une sensibilité particulière qui ne s’acquiert pas. […] Un bon photographe est toujours sensible à la beauté», avait confié Ojeikere à André Magnin, lors de son exposition, en 2000, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

© Photo J.D. ’Okhai Ojeikere. Courtesy Galerie Magnin-A, Paris.