Vingt Printemps pas vains à Toulouse

L’édition anniversaire du Printemps de septembre confirme son anticonformisme ironique.

Un homme masqué s’avançant dans la Garonne, les pieds dans l’eau, tel un nouveau prophète. Deux acrobates de hula-hoop au septième ciel face à des spectateurs béats d’admiration. Une course de relais dans Berlin avec un drapeau rouge en guise de témoin. Pour fêter ses vingt ans de non-conformisme, le Printemps de septembre a choisi d’être au cœur de l’action, avec une série de performances et d’expositions proposées par Isabelle Gaudefroy et Eric Mangion. C’est une édition en mouvement où l’instantané fait loi, même si certaines performances sont projetées en différé, ce qui, du coup, amène un autre regard sur l’exercice de l’art.

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Haïti, derrière les masques

Le carnaval de Jacmel photographié par Leah Gordon.

Depuis quinze ans, avec son Rolleicord, Leah Gordon enregistre le rituel du Carnaval de Jacmel sur la côte sud d’Haïti. Paru au début de l’été, Kanaval rassemble ce long travail en noir & blanc, entre dépouillement et mascarade, dans la pure tradition de d’un échange désiré. Qu’elle explique ainsi à Richard Fleming : « Je me promène dans les rues à la recherche de personnages qui accepteraient d’être pris en photo. Quand ils acceptent, ils sont toujours très patients avec le long procédé (…). Mon appareil est totalement manuel. Mes images ont toujours une qualité statique puisque le procédé prend un certain temps. Mais il se crée alors un espace entre mon sujet et moi qui permet de mettre de côté le remue-ménage de la rue et d’entrer dans le territoire d’un studio de prise de vue à l’ancienne. »
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«Malick Sidibé a une esthétique de la proximité»

malick sidibé

Vincent Godeau, historien de l’art, explique l’intérêt suscité par le Malien, figure africaine majeure, à l’occasion de la parution de son livre «la Vie en rose»

Depuis la première biennale de Bamako (1994), Malick Sidibé, né en 1936 à Soloba (Mali), a acquis une stature internationale. Il est le photographe africain le plus populaire, doué d’un charisme à toute épreuve. Vient de paraître la Vie en rose, où éclate le talent de cet ambassadeur du noir et blanc, aussi à l’aise dans le portrait en studio que dans le reportage. Son œuvre aux multiples entrées révèle le Mali de l’indépendance et le quotidien d’un pays qui pratique naturellement l’art de la pose, les jeunes filles en boubou comme les noctambules. Auteur d’une thèse remarquée sur la photo africaine, l’historien d’art Vincent Godeau, de retour de Bamako, donne de nouvelles pistes sur l’histoire visuelle de l’Afrique.

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Herman Leonard, le jazz perd son photographe

L’Américain, portraitiste des grands noms du genre, est mort samedi à Los Angeles.

Le photographe Herman Leonard est mort samedi 14 août à Los Angeles, il avait 87 ans. Il avait portraituré les plus grands noms du jazz, de Billie Holiday à Miles Davis, dont la beauté ésotérique le captivait. «L’ossature de Miles s’est magnifiée avec l’âge», confiait-il en 1995, sans regret pour cette époque mythique, alors qu’il s’était enraciné à La Nouvelle-Orléans pour honorer les bluesmen du Mississippi. En 2005, l’ouragan Katrina avait emporté en partie sa maison ainsi que 8 000 photos d’archives, mais pas les négatifs, heureusement conservés dans un musée.

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