Herman Leonard, le jazz perd son photographe

L’Américain, portraitiste des grands noms du genre, est mort samedi à Los Angeles.

Le photographe Herman Leonard est mort samedi 14 août à Los Angeles, il avait 87 ans. Il avait portraituré les plus grands noms du jazz, de Billie Holiday à Miles Davis, dont la beauté ésotérique le captivait. «L’ossature de Miles s’est magnifiée avec l’âge», confiait-il en 1995, sans regret pour cette époque mythique, alors qu’il s’était enraciné à La Nouvelle-Orléans pour honorer les bluesmen du Mississippi. En 2005, l’ouragan Katrina avait emporté en partie sa maison ainsi que 8 000 photos d’archives, mais pas les négatifs, heureusement conservés dans un musée.

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Fines herbes

En hommage à Manet l’impressionniste, Manuela Marques photographie une nature à la fois idyllique et inquiétante.

Manuela Marques participe à l’hommage collectif au Déjeuner sur l’herbe (1863), la toile de Manet qui choqua jadis les âmes sensibles. Il n’y a aucune femme nue dans les images si sages de Manuela Marques, mais des inconnus ravis sous une lumière d’été, presque aveuglante. Ils posent et ne s’en cachent pas, essayant de résister à l’attrait du décor, comme s’ils étaient de passage dans ces paysages si champêtres. «C’est une recomposition», précise l’artiste franco-portugaise, née en 1959, qui, pour les deux séries présentées, s’est appuyée sur des souvenirs d’enfance avant de mettre en scène ses personnages prêts à la dérobade.
La baignade au bord d’une rivière, le pique-nique dans un coin du Limousin, tout paraît idyllique. Mais, comme à son habitude, Manuela Marques aime brouiller les pistes. C’est l’effet domino : «Je joue sur des petits détails qui viennent briser les conventions et qui font naître de l’inquiétude. C’est toujours vague, à la limite de l’indicible et, finalement, peut-être plus étrange que menaçant. On pourrait même dire que la menace est un hors-champ dans mon travail.»
D’où cette sensation d’ondulation dans les créations de Manuela Marques, élaborées entre résonance et oubli, dans le contradictoire désir d’obstruer, ou non, la réalité. L’impressionnisme sans psychodrame.

Frac Haute-Normandie, Sotteville-lès-Rouen, jusqu’au 10 octobre. Catalogue publié par Filigranes, 96 pp., 20 euros. Textes de Marc Donnadieu et Philippe Piguet. Rens. : 02 35 72 27 51.

Samuel Fosso, le Narcisse noir

«Libération» part à la rencontre de personnalités hors normes. Aujourd’hui, un photographe centrafricain qui revendique sa négritude dans des autoportraits fantaisistes.

En février 1994, le photographe Bernard Descamps passe quelques jours à Bangui, capitale de la République centrafricaine. Il vient de quitter les Pygmées aka, peuple de chasseurs-cueilleurs enracinés le long de la rivière Lobaye. Il a en tête la future biennale de Bamako (Mali), le rendez-vous des photographes africains, dont la première édition est prévue à la fin de l’année. Au représentant de Kodak, il pose donc sa question rituelle : connaît-il des photographes à Bangui ?
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Vestiges de l’amour

Trois regards de femmes repérées au 13e PHotoEspaña.

Adriana Lestido est l’une des meilleures surprises de la treizième édition de PHotoEspaña, qui dure jusqu’à fin juillet. Sa rigueur force l’admiration, sa ténacité aussi. Cette Argentine, née en 1955 à Buenos Aires, prend son sujet à cœur, comme si elle s’était juré de n’avoir aucune distraction. Amores difíciles, titre générique, regroupe six séries réalisées entre 1979 et 2007. Leur point commun : la complexité d’aimer, non sur le thème chabadabada, mais sur le fil du rasoir. Comme l’analyse très bien Santiago Olmo, le commissaire, il s’agit de documenter la société, d’en montrer les duperies, sans complaisance, toujours avec ferveur. Accrochées à la Casa de América (1), les 159 photographies explorent les relations épineuses entre mères et filles, les mères adolescentes en prison, les enfants perturbés. Aucune obscénité, une simplicité accentuée par un noir et blanc austère, et nulle trace de cette fausse complicité qui hante parfois les photographes qui se croient engagés. Continuer la lecture de « Vestiges de l’amour »

Tranquillité atomique

Le photographe Jürgen Nefzger propose un tour d’horizon des centrales nucléaires européennes.

Septième livre de Jürgen Nefzger, Fluffy Cloudsnuages cotonneux») dévoile, sur quatre saisons, les alentours des centrales nucléaires européennes. Nefzger ne cherche pas la polémique, ou le ridicule. Mais plutôt la mise en perspective de cet univers aussi inscrit dans notre environnement que les troupeaux de vaches dans nos prairies. D’ailleurs, «le paysage conflictuel» est l’une des marottes de cet Allemand, né à Fürth en 1968 et formé à la photographie en France, à l’Ecole nationale supérieure d’Arles, de 1991 à 1994.

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