Caballero, tout un roman

Né à Mexico en 1940, Antonio Caballero est le héros des jours heureux. Tombé par hasard dans le roman-photo en 1963, il en réalise à peu près 500 jusqu’en 1978, assumant la production comme la photographie, l’adaptation comme la mise en scène. Une nouvelle fois présentées à Paris, ses photos font tilt, elles battent la chamade des amours défuntes, bang bang. Tout est là du drame de la passion expertisée : silences et tromperies, rêves et promesses, pièges et serments.
Dans des décors d’époque où l’escalier tient parfois le rôle principal, se nouent des drames instantanés à faire pleurer Margot. Il y a des maris jaloux, des accidents de voiture pas trop graves, des revolvers cachés dans des trousses de toilette, des disputes, des larmes, des faux départs et beaucoup de baisers. Atout de Caballero : son style sobre, qui donne beaucoup d’allure aux personnages, et évite la mascarade. Certains portraits isolés sont sublimes, ainsi cette jeune femme errant dans la nuit, folle de douleur, pieds nus.

Antonio Caballero / « Fotonovelas » / Exposition à la galerie Polaris / Paris

L’habit fait le soldat

Des Suisses du Vatican aux gardes royaux espagnols, le photographe français Charles Fréger a passé en revue les régiments les plus prestigieux pour «Empire», son dernier livre.

Treizième ouvrage de Charles Fréger, Empire réunit in situ 25 régiments de 17 pays, des carabiniers du prince de Monaco à la Guardia Real, en Espagne. Un tableau d’honneur plutôt masculin (mais il y a quelques femmes), débordant de panache et totalement dans la lignée de ce photographe épris d’inventaire, né le 25 janvier 1975 à Bourges et formé à l’école des beaux-arts de Rouen. «Cette démarche un peu systématique, dit Fréger, me donne de l’équilibre. Les gens que je photographie prennent des postures particulières. Leurs attitudes ne sont pas neutres ; ici, ils assument leur fierté.»

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Gilles Saussier à l’affût

A Cherbourg, l’ex-reporter propose une nouvelle lecture de son travail autour de la révolution roumaine.

S’il a rompu avec son passé de reporter, Gilles Saussier, 44 ans, n’a pas rangé ses archives au grenier. Bien au contraire. Ainsi «le Tableau de chasse», titre de son exposition à Cherbourg, au Point du jour, est-elle élaborée autour d’un fait historique, la révolution roumaine, qui lui valut la reconnaissance de ses pairs et quelques trophées. C’était en 1989. Il appartenait à l’agence Gamma, «un rêve d’adolescent», dont il démissionna en 1994, insatisfait d’un milieu, la photographie de presse, jugé «conformiste et corporatiste».

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