Quelques nouvelles de Yôko Ogawa

yôko ogawa

Une nouvelle n’est pas plus simple à lire qu’à écrire, ce qui n’est pas nouveau, mais pourquoi ne pas le répéter. Prenez Yôko Ogawa, et son dernier livre, Jeune fille à l’ouvrage, paru en février. Il est constitué de dix nouvelles traduites du japonais par Rose-Marie Makino. Dès la première, Jeune fille à l’ouvrage, qui donne son titre à l’ensemble, renaît l’atmosphère si merveilleuse de Yôko Ogawa, ce monde invisible qui permet à nos chagrins d’exister naturellement.
À la deuxième, coup de théâtre, le temps n’existe plus. L’un des héros de Ce qui brûle au fond de la forêt « a acquis l’éternité ». Nous sommes dans le futur, mais rien n’est sûr, et c’est un peu angoissant, car les deux amants ne vivent pas au même rythme, lui n’a plus « la glande ressort », mais elle, oui. Achetez le livre pour connaître la fin, personne ne vous en parlera spontanément parce qu’on ne sait jamais, avec une (bonne) nouvelle, où se situe la fin de l’histoire.
Par exemple, L’autopsie de la girafe, d’une certaine façon, la girafe arrive bien tard, un peu avant que le chercheur en médecine fondamentale ait « englouti son riz hayashi ». En plus, elle ne fait que passer, c’est une ombre. Si vous aimez les chevaux (de bois), Transit est pour vous. C’est le pompon façon Yôko Ogawa, le grand style.

© Photo Brigitte Ollier

Jeune fille à l’ouvrage de Yôko Ogawa, Actes Sud, 224 pp., 20 €.