Vive Malick Sidibé !

Malick Sidibé

« Le bonheur est avec le monde. C’est une chance tous ces gens qui viennent me voir », aimait à dire Malick Sidibé (1935-2016), honoré en majesté à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris, jusqu’au 25 février 2018. Témoin privilégié des jours heureux de son pays natal, le Mali, cet homme d’éloquence, ce photographe si attentif aux autres, a laissé une œuvre aux multiples échos, composée, entre autres, de reportages au temps du yéyé et de portraits d’une beauté immarcescible.
Titrée Malick Sidibé, Mali Twist, cette exposition rayonnante s’approche au plus près de ce témoin généreux. Qui sut accorder à chacun de ses modèles une oasis de liberté identitaire, aussi bien dans son studio de Bagadadji, près de la grande mosquée, que lors des surprises-parties à Bamako, baignées de passions musicales.
Mali Twist montre aussi pour la première fois une multitude de vintages, petits miroirs d’une époque encore proche, constellation de visages anonymes qui nous touchent au plus près. « Je suis un portraitiste naturaliste, pas philosophique », répondit un jour Malick Sidibé, pour qui « sociabilité et douceur » étaient les deux qualités nécessaires à l’exercice de son métier. « La photo, c’est aussi la vie. Ça l’accompagne. Elle permet à ceux qui vont venir de voir que leurs grands-parents étaient vivants. (…) L’image est plus vivante que l’écriture ».
Ouvrage coédité par la Fondation Cartier pour l’art contemporain et Xavier Barral et dirigé par André Magnin et Brigitte Ollier. Avec les contributions de Manthia Diawara, Malick Sidibé et Robert Storr.

© Photo Brigitte Ollier

Malick Sidibé, un homme de parole

Malick Sidibé

Malick Sidibé est mort jeudi 14 avril 2016, à Bamako (Mali). Il avait 80 ans. C’était un sage. Un homme de parole. Qui n’a pas cessé, au long de son existence, et lorsqu’il est devenu célèbre, de montrer comment l’Afrique ne pouvait se réduire à quelques clichés. Il n’était pas seulement un reporter de Bamako, enraciné à Daoudabougou, mais un homme ouvert sur le monde. Ses photographies magnifiques ont révélé sa joie de vivre. Son goût des autres. Son esprit de la mise en scène. Et ce soin particulier qu’il avait, où qu’il se trouve, à Maputo ou à Guingamp, de relier sa terre natale et son village de Soloba au reste de l’univers. Parmi nos derniers échanges, cet extrait : « Le soleil, ça brûle, ça efface, moi, j’aime la brume, ça me rappelle la création de la Terre. Un jour, alors que j’étais au Portugal, à Coimbra, j’ai vu la brume descendre sur la colline, et j’imaginais la création, les animaux, la mise en place de la nature et de l’assemblée des hommes. »

© Photo Brigitte Ollier

Pour retrouver Malick Sidibé, cet interview de Vincent Godeau, en automne 2010.
Pour revoir quelques photographies, le site d’André Magnin :

L’Afrique, c’est l’avenir de la photographie !

Mauro Pinto

A l’occasion de Paris Photo au Grand Palais, rencontre avec André Magnin, galeriste, qui évoque ses choix parmi les artistes du continent subsaharien.

André Magnin retrouve pour la deuxième fois la verrière du Grand Palais où se tient Paris Photo, la foire de la photographie que le monde entier nous envie (1) avec ses quelque 150 exposants.

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Seydou Keïta / Photographies 1948-1963

seydou keïta

Premier photographe africain publié dans la collection «Photo Poche» (n° 63), le Malien Seydou Keïta, disparu en 2001, est aujourd’hui un portraitiste reconnu dans le monde entier. Il a eu le temps de connaître l’engouement, parfois extrême, suscité par son travail, lequel témoigne d’un talent fou. Lors des premières Rencontres de Bamako, organisées par Françoise Huguier et Bernard Descamps, il confiait son affection spontanée pour la photographie : «Comme je n’avais pas assez d’argent pour acheter un appareil photo, j’ai passé beaucoup de temps à imaginer et à mimer des scènes auxquelles je pensais.»

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Les belles prises de Bamako

rencontres de bamako

Malgré une thématique floue, la 9e biennale du Mali révèle plusieurs talents.

Lézards, papillons et flonflons, le rituel d’ouverture des Rencontres de Bamako tient ses promesses, laissant toujours pantois, surtout quand l’orchestre national du Mali entame Auprès de ma blonde (Qu’il fait bon, fait bon, fait bon), en l’honneur de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication. Lequel se fait photographier par Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, Première ministre du Mali, alors qu’à quelques pas d’elle, au deuxième rang des invités d’honneur, est assis Malick Sidibé, dans son légendaire boubou bleu, trésor national vivant entouré par ses fans.

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