Paulo Nozolino, un regard en noir et gris

Le dernier livre de Paulo Nozolino, Bone Lonely, entre stupeur et effroi, fait comme une décharge électrique. S’y enlace, de page en page, la noirceur affichée d’un monde désintégré, où il paraît impossible de respirer, comme cette vision banale d’une voiture recouverte de neige. Juste avant, ou peut-être après, il y a des cadavres et des dictateurs, des grilles et des matelas, le visage d’un enfant et une décharge publique (photo). Plus une femme nue sous un abat-jour en toc qui se pince nerveusement un sein, expression d’une douleur impossible à partager. Ainsi peut se lire cet ouvrage acéré telle une lame de couteau, qui ne se veut ni un manifeste ni une prophétie.

Après Far Cry, Paulo Nozolino, né en 1955 à Lisbonne, poursuit via Bone Lonely, son travail sur l’ombre, avec un certain goût pour le silence.

Bone Lonely, avec des poèmes de Rui Baião. Steidl Éditions, 72 pp., 34 euros.

Helena Almeida, choréphotographe

La Portugaise se met en scène dans ses tirages à la galerie parisienne des Filles du Calvaire.

helena almeidaHelena Almeida travaille à Lisbonne, sa ville natale, dans l’atelier de sculpture de son père (1). Peintre sans toile et sans pinceau, elle utilise l’appareil-photo, son médium depuis 1969. Elle aime les tirages en grand format, comme ceux qu’elle propose aux Filles du Calvaire et qui attirent comme des valves de coquillages sur le sable. «Quand j’imagine une photographie, dit-elle, je connais déjà son échelle, mais je ne saurais expliquer pourquoi je l’ai choisie. Peut-être la grandeur me paraît-elle plus émouvante, ou plus expressive.»

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