Tribute to Jérôme Brézillon

jérôme brézillon

Un jour d’automne, à Dunkerque. Jérôme Brézillon paraît venir d’une autre planète avec son visage confiant et cette chevelure digne du temps de la comtesse de Ségur, une beauté transparente qui convient aux hommes tranquilles. Il ne se prend pas au sérieux, il est là pour photographier William Eggleston pour un journal, peut-être un hebdomadaire spécialisé, musique ? William Eggleston n’apprécie guère d’être photographié, mais Brézillon tient bon d’autant qu’il n’est pas le seul photographe, c’est la règle du jeu, il faut sans cesse trouver sa place, dur métier.
Un autre jour, il est à l’aéroport, il part en Suisse pour un mensuel qui offre de bonnes conditions de travail, c’est déjà ça, un truc autour de la beauté quelque part dans les montagnes. Il est content, d’ailleurs, il a toujours l’air content, c’est un garçon bien élevé.
Un autre jour, à Paris, pas loin de la place de la République, il part bientôt en Amérique, où il en revient, en tout cas, tout va bien, il continue d’avancer. Plus tard, ses amis donnent des nouvelles de Jérôme Brézillon, jusqu’à sa mort, dans la nuit du 1er au 2 mars 2012, à l’âge de 47 ans.

© Photo Brigitte Ollier